Le moulin de Pont-Boutard

Publié dans Patrimoine.

moulin pont boutard

Ancien moulin de la seigneurie de Pont-Boutard, commune de Saint-Michel-sur-Loire. Certains anciens actes notariés citent « les moulins de Pont-Boutard », car à l’origine il avait 2 roues.

Établi au XVIIème siècle (aveu de propriété du 3 mai 1662), sur un ancien bail il est dénommé moulin Banquier de Pont-Boutard. La légende orale véhicule qu’un Mr Boutard aurait créé le pont … ?
à l’emplacement d’un ancien gué.
Il est établi sur la petite rivière de la Roumer qui sur un cours de 19 km, a fourni l’énergie à vingt moulins.
Tous les moulins à eau étaient assujettis à une réglementation existant jadis par ordonnances royales.
Les moulins avaient un système hydraulique qui comprenait : un niveau réglementaire composé d’une borne sculptée dans une pierre qui indique la hauteur maximum des eaux à retenir ; un déversoir pour les eaux ordinaires dont la longueur égale la largeur de la rivière ; un vannage de décharge pour les crues dont le débit égale la largeur de la rivière.

fondrieres
En général le système hydraulique était réglementé par l’autorité administrative. L’architecture relevait du propriétaire. Le mécanisme dépendait du meunier.
Les meuniers, employés par bail de fermage, avaient le droit exclusif d’usage de l’eau comme force motrice, à charge pour eux de curer la rivière et d’entretenir les chaussées, les digues, et  les vannes.
   
En octobre 1792, il est vendu par le Duc de Luynes, et le meunier était Julien Rouer.

En Août 1816, un rapport de l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées inclus un plan du moulin de Pont-Boutard comprenant encore à l’époque 2 roues.

29 juillet 1818, procès-verbal établi par le maire de Saint-Michel, Mr Percy, pour la pose de l’échantillon du moulin et usine de Pont-Boutard situé sur la rivière de la Roumer, commune de Saint-Michel, avec Mr Louis Hubert-Roi, propriétaire du Moulin. La pose de l’échantillon consistait à indiquer une marche placée dans le mur de la chaussée du côté de l’étang et dont le dessus fixait et déterminait la hauteur d’eau à respecter. Ce procès-verbal comprend également un dessin des fondrières, ou vannes, dudit moulin.

19 mars 1843, devant maître Biermant, notaire à Langeais, est établi un bail à ferme du Moulin de Pont-Boutard par Mr Girard, propriétaire, aux époux Baudry.
Mr Jean Girard-Hubert, boulanger demeurant à Benais, a affermé pour 12 années au sieur Louis Baudry, meunier, et Marie Foucray sa femme, le moulin à eau de Pont-Boutard, avec toutes les appartenances et dépendances pour la somme annuel de 850 francs argent, 6 poulets et 6 anguilles.

18 octobre 1852, un procès-verbal de visite des lieux du moulin de Pont-Boutard fait par l’Ingénieur des Ponts et Chaussées, dans le cadre de l’arrêté de Mr le Préfet d’Indre-et-Loire
en date du 24 mai 1849, prescrivant le règlement général des moulins situés notamment sur la rivière de la Roumer. Mr Girard Hubert étant propriétaire du moulin.
L’état des lieux mentionne : « le moulin de Pont-Boutard a deux roues motrices. La roue de gauche  abandonnée depuis longtemps est dans un état qui ne lui permet plus de fonctionner.
La roue de droite à 1m 70 de largeur et 4m 25 de diamètre entre l’extrémité des aubes. La vanne motrice à 1m 75 de largeur et 0m 70 de hauteur ; son seuil est à 3m 178 en contrebas du repère provisoire. 4 vannes de décharge ont été construites dans la chaussée du moulin. Le moulin de Pont-Boutard n’a pas de déversoir. »

plan roumer
12 janvier 1853, le Service Hydraulique des Ponts et Chaussées de Tours a établi des plans en détails des abords du moulin, ainsi que du nivellement en long et en travers des biefs du moulin de Pont-Boutard sur la Roumer, sur la commune de Saint-Michel-sur-Loire, appartenant au sieur Girard-Hubert.

21 mars 1853, le Préfet d’Indre-et-Loire signe un arrêté de règlement d’eau régulant les moulins usines de la Roumer. Pour le Moulin de Pont-Boutard, le sieur Girard-Hubert est autorisé à maintenir en activité une usine destinée à moudre le blé qu’il possède sur la rivière de la Roumer, dans la commune de Saint-Michel. Des spécificités techniques à respecter lui sont communiquées.

2 juillet 1854, devant maître Biermant, notaire à Langeais, bail du moulin de Pont-Boutard par Mr Girard aux époux Benoist.Mr Jean Girard-Hubert, boulanger, demeurant à Benais, a établi un bail à ferme 3/6/9 du moulin de Pont-Boutard au sieur René Benoist, meunier et Jeanne Gaultier sa femme, pour le moulin à eau de Pont-Boutard avec tous les bâtiments d’habitation et d’exploitation, ainsi que les prés y attenant.

23 novembre 1859, Procès-verbal de récolement établi par l’ingénieur ordinaire du service hydraulique à Tours au Moulin de Pont-Boutard en présence de Mr le maire de St-Michel, et de Mr Chivert-Girard représentant Mr Girard son beau-père propriétaire du Moulin de Pont-Boutard, pour constater  que les travaux exécutés sont conformes aux dispositions prescrites :
Notamment le vannage, les canaux de décharges, le couronnement du déversoir construit en pierre de taille et les maçonneries en mortier de chaux hydraulique, les digues sont entretenues en bon état, il a été posé à l’amont de l’usine auprès et à droite du déversoir un repère fixe et invariable (borne graduée) permettant de vérifier les hauteurs des eaux, par rapport au niveau légal de la retenue.

plan roue moulin
28 avril 1873, en l’étude de maître Biemant à Langeais, bail du moulin de Pont-Boutard par la tutrice de Mme Chivert aux époux Guinebault-Lambert :
Mme Marie Hubert, veuve de Mr Jean Girard, tutrice de Mme Marie-Eleonore Girard, veuve de Mr Urbain Chivert a établi un bail à ferme de 9 ans pour le moulin à eau de Pont-Boutard à Mr Auguste Guinebault et Madeleine Lambert sa femme pour 750 francs de fermage annuel.

Le 30 septembre 1884 Mr Jean Pauvert et son épouse Anne Marcelline Guérin achète le moulin devant maître Antheaume, notaire à Chouzé, à la famille Hubert et David.

10 mars 1896, Mr Pauvert propriétaire du moulin de Pont-Boutard fait une demande au Préfet pour réparer et modifier le déversoir. Celui-ci sera placé dans la chaussée du moulin en tête d’un ancien canal d’amené d’une roue supprimée, qu’il aura 6m de longueur, avec sa crête dérasée au niveau légal de la retenue. Les réparations et modifications seront autorisées.
Mr Pauvert fit également installé une turbine, avec engrenages qui se branchaient sur le moteur hydraulique et une paire de meules : meules qui venaient de la fabrique Brigault à Cinq-Mars-la Pile, de renommée nationale au 19ème siècle qui équipa presque tous les moulins de la région Centre.

Le 26 février 1901 Mr Pauvert en fait donation à son fils Mr Jean Marcel Pauvert- Maridonneau, devant maître Colin, notaire à Langeais.

23 août 1919, Mr Maxime Touchotte, meunier locataire, demande l’autorisation au service hydraulique à Tours de lever les vannes de décharge du moulin de Pont-Boutard pour lui permettre d’exécuter le faucardement, et de réparer le déversoir de son usine. Les réparations sont autorisées sous conditions. De surcroît il est rappelé que l’usinier est libre de se servir ou non de la chute d’eau de son usine, et n’a pas à être autorisé pour exécuter la manœuvre de ses vannes de décharge.

Décembre 1949, époque du chômage définitif du moulin qui cessa de moudre du blé.

Le 22 décembre 1949, le moulin est racheté par Mr Piaumier, devant maître Coirier, notaire à Langeais, à Mr et Mme Pauvert Maridonneau, et Mme Gouron Fauvy, nièce de Mr Pauvert.

Octobre 1959, Le propriétaire du moulin étant Mr Piaumier, un litige survient entre les exploitants de la prairie de Pont-Boutard et le moulin de Pont-Boutard : pétition pour obtenir un curage du bief amont du moulin par le Syndicat de la Roumer venant d’être créé.
Litige également entre le maire de Saint-Michel-sur-Loire et le propriétaire du moulin pour demander réparations des vannes.

inondations
En hiver 1960, crue importante de la Roumer : les eaux d’un grand débit provenant de la rupture de digues d’étangs en amont, passèrent par au-dessus des digues et vannes du moulin, emportant même des pans de murs de granges voisines (photo).

Le 16 juin 1961, devant maître Emile Félix, notaire à Bourgueil, le moulin est acheté par Mr Gualbert Durand et son épouse Suzanne Vallée.

Le 18 janvier 1972, Mr Jean-Claude Rotereau, habitant Saumur, et propriétaire riverain à Pont-Boutard, à porter plainte à la Direction Départementale de l’Agriculture d’Indre-et-Loire à Tours contre le propriétaire du moulin de Pont-Boutard, Mr Gualbert Durand car ses terrains étaient inondés, le niveau du cours d’eau de la Roumer étant maintenue en permanence à un niveau élevé par les retenues du moulin. Ceci occasionnant un préjudice à ses plantations de jeunes peupliers qui ne pouvaient se développer dans des terrains marécageux. Mr de Marsac, ingénieur chargé de l’Hydraulique Agricole est intervenu auprès de Mr Gualbert Durand pour lui demander de lever suffisamment les vannes pour ne pas occasionner de dommages aux propriétaires amont, ceci en attendant les travaux d’aménagement que devait mettre au point le Syndicat de la Roumer après enquête.

11 janvier 1973, une convention tripartite est signée entre le Syndicat Intercommunal d’aménagement des Cours d’Eau du Bassin de la Roumer, Mr Gualbert Durand, demeurant à Pont-Boutard et propriétaire du Moulin de Pont-Boutard, ainsi que la commune de Saint-Michel-sur-Loire représentée par son maire Mr Auguste Renard :
Le propriétaire n’utilisant plus la chute, cède à la commune de St-Michel-sur-Loire l’usage de la retenue, étant entendu que celle-ci ne sera plus utilisée pour la production de force motrice.
La commune de St-Michel-sur-Loire se substitue à Mr Gualbert Durand dans ses droits et obligations, notamment au regard de la législation sur le régime des eaux. De ce fait la commune se substitue au propriétaire et devient soumise aux obligations édictées par le règlement d’eau du moulin (arrêté préfectoral du 28 février 1885) quant à la manœuvre des vannes et à l’entretien des ouvrages de retenue. Mr Durand s’engage à murer le canal alimentant la vanne motrice. La commune de St-Michel a accepté l’abaissement du niveau légal de la retenue d’eau, et la construction d’une vanne supplémentaire par le Syndicat de la Roumer.

21 février 1974, un arrêté préfectoral confirme cette modification du règlement du moulin de Pont-Boutard, où la commune de Saint-Michel-sur-Loire se substitue au propriétaire du moulin, et où le niveau légal de la retenue est fixée à 2m 574 en contrebas du dessous de la platebande de la porte du moulin ouverte dans la façade nord à 5m 60 de l’angle rentrant formé par le bâtiment du moulin et un poulailler.
La commune reste soumise aux dispositions de l’arrêté préfectoral du 21 mars 1853 pour tout ce en quoi il n’est pas dérogé par les présentes ; notamment le niveau légal de la retenue et la commune devra assurer l’entretien du bief. La commune prend à sa charge la réfection des vannes.

moulin pont boutard aujourdhui
Le 18 mars 2013, le Conseil Municipal de Saint-Michel-sur-Loire délibère pour transférer ce droit et cette obligation de la retenue d’eau du moulin de Pont-Boutard au Syndicat Intercommunal d’Etudes et de Travaux d’Aménagements des bassins versants des rivières Breuil et Roumer et de leurs affluents (SIETABR), qui en a la compétence, d’autant plus que ce syndicat est doté d’un technicien de rivière opérationnel. Une étude est en cours avec le syndicat de la Roumer pour établir les formalités, conventions, démarches administratives afin que ce transfert puisse se faire dans les meilleurs délais.

En 2013, le propriétaire du moulin de Pont-Boutard est toujours Madame Suzanne Vallée, veuve de Monsieur Gualbert Durand.

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